C'est un nouveau programme national qui a été annoncé cet été par le gouvernement. Volont'R, c'est son nom, prévoit de recruter 500 réfugiés en service civique d'ici juin 2019 et jusqu'à 5 000 réfugiés par an à partir de 2022.

 

Pour annoncer le lancement du programme, Alain Régnier, le délégué interministériel à l'accueil et l'intégration des réfugiés, s'est rendu à Nancy au mois de juillet. Une des Maisons de la Jeunesse et de la Culture (MJC) de la ville a déjà recruté deux réfugiés syriens en service civique. Une initiative isolée, comme il en existe quelques autres en France, sur laquelle va s'appuyer le gouvernement pour déployer son dispositif sur l'ensemble du territoire national.

 

Depuis la loi égalité et citoyenneté, entrée en vigueur en janvier 2017, les missions de service civique sont ouvertes aux étudiants étrangers et aux réfugiés.

 

Accélérer l'intégration au sein de la société française

 

A Nancy, le service civique a été rapidement envisagé comme une solution pour Omar et Mohammed, deux cousins syriens de 21 et 22 ans. Ils ont tous les deux moins de 25 ans et n'étaient donc pas éligibles au RSA. La protection subsidiaire leur ayant été accordée, ils n'avaient plus le droit aux allocations allouées aux demandeurs d'asile. 

 

Sans ressources, la situation devenait critique pour ces deux jeunes, arrivés en France en 2017 sans famille. De nombreux acteurs du territoire nancéen se sont donc concertés pour leur venir en aide. Les élus locaux, la direction départementale de la cohésion sociale en Meurthe-et-Moselle, la Maison de l'emploi de Nancy se sont accordés sur le service civique, accompagné de cours de français.

 

La MJC Lillebonne à Nancy, qui travaille régulièrement avec l'association France Syrie Entraide, s'est portée volontaire pour accueillir ces deux jeunes au sein de sa structure pendant un an.

 

 

 

 

Objectif : accélérer leur intégration en France, en leur permettant de s'affranchir de la barrière de la langue. En un mois de service civique, Omar et Mohammed ont participé à l'organisation du championnat de France de Montgolfière à Lunéville et à un festival de jazz manouche. A la rentrée, chacun de leur rôle va être plus défini : Omar va travailler au centre de loisirs et Mohammed à l'accueil de la MJC. Chaque semaine, ils travailleront 24 heures, durée prévue dans n'importe quel contrat de service civique. Mais en plus, ils suivront des cours de français avec le Centre Académique d'Examens et de Certification (CAEC).

 

Le service civique devrait remplir son rôle de tremplin pour l'emploi. Après un an de service civique, les deux jeunes envisagent de suivre une formation. Omar souhaiterait se former au métier de mécanicien, c'est ce qu'il faisait dans le garage de son père avant de fuir la Syrie. Mohammed, lui, hésite entre ouvrir un restaurant à Nancy et devenir coiffeur.

 

A la rentrée, d'autres réfugiés devraient suivre leur exemple et être recrutés en service civique à Nancy. 

 

Au total, entre 12 et 15 réfugiés devraient travailler en service civique à Nancy cette année. Des structures comme La Poste, d'autres MJC ou une association de prévention pourraient les accueillir