Le 08/04/18


 

Samedi matin environ 80 personnes ont lancé, depuis l'aéroport une marche demandant la fin des expulsions de demandeurs d'asile "dublinés"

le mouvement s'installe à Chateaulin ce dimanche

 

Ils sont plus ou moins jeunes, militent dans des associations ou collectifs, comme la Ligue des Droits de l'homme, Zéro personne à la rue, Solidarité migrants... Ici, pas de bannière politique ou syndicale, mais un seul message, crié haut et fort, devant les portes de l'aéroport Brest-Bretagne : « Stop Dublin », en référence à cette procédure européenne qui veut que les migrants doivent demander l'asile dans le premier pays européen qu'ils ont traversé. « On a décidé de partir symboliquement de l'aéroport pour ces trois jours de marche, car c'est depuis ici que, régulièrement, des personnes sont injustement expulsées vers le pays où leurs empreintes digitales ont été enregistrées », expose Élisabeth Bégard, de Solidarité migrants. « C'est une procédure injuste, qui crée des flux migratoires qui n'ont aucun sens, génère des coûts considérables et, surtout, ne fait pas honneur à la France et à l'Europe ».

 

Cap sur Chateaulin puis Quimper Lundi


Pendant trois jours, associations, collectifs et citoyens vont porter ce message de Brest à Quimper, en s'arrêtant par Châteaulin, où ils occuperont le juvénat Notre-Dame ce dimanche, pour une journée d'échange et d'information. S'ils n'étaient qu'environ 80 au départ de Brest, le cortège devait enfler à mesures des escales programmées dans la journée, notamment à Plougastel puis Daoulas. Une marche « solidaire et pacifique », qui vise à interpeller le préfet et, à travers lui, l'État, sur des pratiques jugées « inhumaines ». « L'État peut décider d'examiner, par dérogation, une demande de protection internationale qui lui est formulée par des migrants dublinés, en vertu de l'article 17 de ce règlement. Mais, pour des raisons étranges, c'est rarement fait en France », dénonce encore Élisabeth Bégard. Les « marcheurs » demandent donc au préfet d'arrêter les expulsions, pour autoriser les migrants dublinés à déposer une demande d'asile en France. « Ces gens ont dû tout fuir pour sauver leur vie. Ils arrivent en France, où la procédure Dublin en fait des clandestins. C'est ça, le pays des Droits de l'homme ? ».


Le 10/04/18

Marche de soutien aux Dublinés (suite)

 

Stop Dublin », « Liberté d'installation », « Honte au préfet »... Posées par des membres de collectifs et associations du Finistère oeuvrant à l'accueil des réfugiés, ces banderoles ont fleuri devant la mairie lundi matin. Dans le cadre d'une marche pacifique contre le règlement de Dublin III qui allait ensuite s'achever à Quimper, 80 personnes ont ainsi fait étape à Douarnenez pour demander la fin des expulsions de demandeurs d'asile « dublinés ». Une référence au règlement de Dublin III, cette procédure européenne qui veut que les migrants doivent demander l'asile dans le premier pays européen qu'ils ont traversé. « Il empêche de déposer une demande d'asile dans le pays de son choix, privant les personnes en exil d'un droit fondamental », disent les manifestants. Qui ont aussi le projet de loi sur l'asile et l'immigration du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb dans le collimateur

 

« Que les élus prennent position »

 

Deux membres du collectif Fraternité Douarnenez ont été reçus quelques minutes par le maire François Cadic. Il a notamment confirmé, comme évoqué lors du dernier conseil municipal, la création d'un groupe de travail sur l'hébergement d'urgence dans la commune. Une autre rencontre, plus développée autour du règlement de Dublin, devrait avoir lieu prochainement. « Il est important que les élus prennent position sur ces questions fondamentales », insistent les personnes mobilisées