La LDH dénonce une politique migratoire qui tue !

Adbulla R. avait 56 ans et soufrait d’une maladie chronique grave. Sa maladie nécessitait des passages réguliers à l’hôpital où il était pris en charge par le service d’hémodialyse du CHU de Brest. Mais bien que demandeur d’asile albano-bulgare, l’État français ne lui a proposé aucune solution d’hébergement quand il n’était plus hospitalisé.
Depuis le 16 mars, il passait ses nuits dehors, en totale contre indication avec son état de santé. Adbulla est décédé jeudi d’insuffisance respiratoire. Il s’agit là du décès prématuré d’un malade angoissé et épuisé par ses conditions de vie.

Pourtant, depuis le 16 mars, 7 certificats médicaux ont été rédigés pour sa mise à l’abri d’urgence. Les services sociaux du Conseil départemental, le Phare, le centre accueil précarité et le service d’hémodialyse sont intervenus auprès des services de préfecture pour l’alerter sur l’urgence d’un hébergement. Rien n’y a fait pendant un mois, et ça n’est que jeudi que l’État a enfin permis à Adbulla d’intégrer l’HUDA (Hébergement d’urgence pour les demandeurs d’asile). Il est mort dans les heures qui ont suivi.
Les certificats de vulnérabilité établis par le corps médical sont le fondement même des demandes de mise à l’abri d’urgence. On constate sur le terrain qu’ils sont de moins en moins pris en compte par les services de la préfecture du Finistère. La Ligue de droits des l’Homme dénonce cette politique migratoire qui nie l’urgence médicale et conduit à des drames humains comme celui que nous venons de vivre ce jeudi à Brest.